Connaître les entreprises

Interroger les entreprises sur leurs activités, leurs investissements, leurs recrutements, leurs organisations, permet de mieux les connaître et de dépeindre ainsi leur évolution et leur diversité. De ce fait, l’Insee recueille auprès des entreprises des informations structurelles (taille, nature de l’activité, caractéristiques de la main-d’œuvre, type d’organisation…) et conjoncturelles, ainsi que des données sur des thématiques précises (consommation d’énergie, utilisation des nouvelles technologies, innovation…). Ce recueil se fait en mobilisant de plus en plus des sources administratives mais aussi en réalisant des enquêtes. Ce dispositif d’enquêtes s’inscrit notamment dans le cadre de règlements européens.

Parmi les travaux phare de l’année 2019 : la diffusion de l’intégralité des données sur les caractéristiques comptables et financières selon la définition de l’entreprise au sens économique, plusieurs éclairages sur l’effort de recherche et développement au service de la compétitivité des entreprises, la mesure d’un nouveau record de création d’entreprises. L’institut poursuit son travail d’analyse des différents secteurs d’activité en s’intéressant notamment aux magasins bio, en partageant les méthodes d’experts internationaux des statistiques des services et documente la gestion des déchets dans le commerce et l’industrie.

Une vision plus pertinente du tissu productif français

En 2019, l’Insee diffuse pour la première fois l’intégralité des données sur les caractéristiques comptables et financières des entreprises en 2017 selon la définition de l’entreprise au sens économique.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une part de la loi de modernisation de l’économie (LME) et d’autre part d’un règlement européen. Elle dépasse la vision purement juridique de l’entreprise en « unité légale », de moins en moins pertinente avec l’importance croissance des groupes de sociétés, ces « unités légales » détenues par d’autres qui perdent ainsi tout ou partie de leur autonomie de décision et donc de leur statut d’entreprise.
Depuis l’exercice 2013, des experts de l’Insee vont à la rencontre d’une cinquantaine de grands groupes complexes pour identifier les entreprises en leur sein. La notion la plus difficile à appréhender et que seul le groupe peut fournir de façon sûre est celle d’autonomie. Les experts collectent ensuite l’information au niveau de chaque entreprise.
La nouveauté pour l’exercice 2017 est le traitement automatique des plus de 130 000 autres groupes présents sur le sol français. Par convention, l’Insee considère chacun de ces groupes comme une seule entreprise et les données fiscales relatives à chaque unité légale le constituant sont consolidées via un algorithme.
La photographie du système productif français s’en trouve modifiée. D’une part, la contribution des ETI et des grandes entreprises est accrue. D’autre part, le poids de l’industrie dans l’économie est renforcé, au détriment surtout des services et dans une moindre mesure du commerce. Par exemple, une entreprise peut être composée d’une usine, fonctionnant avec un centre de logistique et une filiale d’exportation. Au niveau micro-économique, réunir l’ensemble des facteurs de production au sein d’une seule structure fournit des ratios économiques plus pertinents.

« Cette nouvelle définition de l’unité économique nous permet donc d’être plus proche de la réalité économique par branche et de mieux mesurer le poids des entreprises de taille intermédiaire, jusqu’alors sous-estimé au profit des TPE et PME. »

Delphine VESSILLIER
Chef du service enquêtes et études statistiques, FFB – Fédération française du bâtiment

R&D au service de la compétitivité des entreprises : efforts et résultats

La recherche et développement (R&D) est un des enjeux majeurs de l’économie en tant que facteur de croissance. Dès 2002, la politique de l’Union européenne, dite « stratégie de Lisbonne » avait fixé l’objectif de consacrer 3 % du PIB à la réalisation d’activités de R&D en 2010. Pour se rapprocher de cet objectif, la France est devenue le pays de l’Union européenne où les aides publiques à la R&D des entreprises sont les plus élevées en 2014.

Dans « Les entreprises en France », l’Insee livre plusieurs éclairages dont une mesure de l’impact du crédit d’impôt innovation (CII) instauré en 2013. Extension du crédit d’impôt recherche, le CII consiste en un crédit d’impôt égal à 20 % des dépenses d’innovation des PME. Il apporte une véritable dynamique aux 5 300 entreprises bénéficiaires en 2014. Le chiffre d’affaires comme l’emploi de ces dernières augmentent plus fortement que chez les non bénéficiaires. Elles créent aussi davantage de nouveaux produits.

L’Insee s’intéresse aussi aux sociétés qui ont réalisé des innovations, technologiques (de produits ou de procédés) ou non (de marketing ou d’organisation), des pays de l’Europe des 15 pour dresser l’évolution de leur proportion, analyser et comparer les résultats, donner les limites de ces derniers et proposer des indicateurs alternatifs à la mesure de l’innovation. L’Allemagne, leader en 2008 quant à la proportion de sociétés innovantes, est partiellement rattrapée par les autres pays européens en 2016. La Belgique, le Portugal et la Finlande l’ont maintenant dépassée. Entre 2014 et 2016, dans l’Europe des 15,57 % des sociétés de 10 salariés ou plus ont réalisé des innovations au sens large.

Prendre la mesure de secteurs d’activité

L’Insee s’attache chaque année à mesurer le poids économique de différents secteurs d’activité grâce à des études dites « sectorielles ». L’année 2019 a apporté plusieurs éclairages sur des activités variées.

Ainsi, les magasins bio sont comparés aux autres magasins du commerce de détail alimentaire. Les magasins sont identifiés via diverses sources (administratives et d’enquête notamment), permettant de décrire l’organisation économique du secteur. Par rapport aux autres magasins, les magasins bio sont plus largement organisés en réseau, ils sont plus grands, emploient plus de salariés et ont des taux de marge commerciale supérieurs.

Une autre publication présente la croissance des activités comptables en France. Avec une forte valeur ajoutée, destinée principalement à la rémunération du travail, les entreprises de ce secteur génèrent en 2017 un chiffre d’affaires de 19 milliards d’euros.

Deux tiers d’entre elles sont organisées en groupe de sociétés. 9 % de l’activité est sous-traitée au sein du secteur, notamment lors de la clôture des exercices comptables.

Ces études sont fréquemment accompagnées de comparaisons européennes, comme celle sur l’impact de l’internationalisation sur la production des groupes automobiles français. En perte de vitesse depuis la crise de 2008, la production de ce secteur montre des niveaux de concentration élevés et place la France au cinquième rang dans l’Union Européenne. La balance commerciale française est déficitaire en produits automobiles du fait des importations des constructeurs étrangers, majoritairement allemands. Si les groupes multinationaux français contribuent toujours positivement au solde commercial, ils ont localisé une partie majoritaire de leur production à l’étranger pour servir les marchés locaux, mais aussi pour être réexportée vers la France.

D’autres travaux concernent les disparités femmes-hommes dans les métiers du commerce, le poids des multinationales dans l’intérim, l’industrie française du meuble face aux concurrences étrangères, ou la production de peintures et vernis.

À lire aussi dans la version intégrale du rapport d’activité 2019 :

  • Nouveau record dans la création d’entreprises
  • Industrie manufacturière et commerce : plus de 70 % des déchets triés sont valorisés
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