Connaître les entreprises

Connaître les entreprises, leur activité, leurs investissements, leurs recrutements, leurs organisations et appréhender au mieux leur évolution et leur diversité est un enjeu fondamental pour les politiques publiques. Pour ce faire, l’Insee recueille auprès des entreprises des informations structurelles (taille, nature de l’activité, caractéristiques de la main- d’œuvre, type d’organisation, etc.) et conjoncturelles, ainsi que des données sur des thématiques précises (consommation d’énergie, utilisation des nouvelles technologies, innovation, etc.). Ce recueil s’effectue en mobilisant largement les sources administratives mais aussi en réalisant des enquêtes et, depuis peu, en exploitant des sources privées mises à disposition par les acteurs économiques.

Témoignage

Sylvain MOREAU

Directeur des statistiques d’entreprises

« La crise sanitaire a fortement affecté l’activité et l’organisation des entreprises. Nos outils habituels n’étaient pas toujours adaptés pour décrire cette situation inédite qui a eu un fort impact sur la collecte des données. Grâce à l’implication de toutes les équipes, nous avons fait évoluer nos méthodes, mobilisé des données externes et sommes parvenus à produire des données robustes. Et, afin de documenter le plus précisément possible les conséquences de cette crise sur le tissu productif français, nous avons mis en place une enquête ad hoc dont les premiers résultats ont été disponibles avant la fin de l’année. »

Business meetings with government and private borrowers with co-

Suivre la conjoncture lorsque les entreprises répondent moins aux enquêtes

Chaque mois, l’Insee calcule et publie des indicateurs pour suivre l’activité dans les secteurs marchands non financiers. L’institut publie aussi mensuellement des indices de prix à la production dans l’industrie et chaque trimestre des indices de prix à la production dans les services.

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Pour produire ces indices, l’Insee mobilise les déclarations mensuelles de taxe sur la valeur ajoutée des entreprises (TVA) et réalise auprès de celles-ci des enquêtes. Pendant le premier confinement, les données de TVA ont présenté un nombre anormalement élevé de chiffres d’affaires nuls, du fait des mesures de fermetures administratives, mais aussi du fait des assouplissements des obligations déclaratives concédés aux entreprises durant cette période très particulière.

Des informations complémentaires ont donc été mobilisées afin de distinguer les chiffres d’affaires étant véritablement tombés à zéro des non-déclarations.

Les enquêtes ont posé des difficultés similaires. Bien qu’elles soient obligatoires, il y a toujours entre 10 % et 15 % des entreprises qui n’y répondent pas du tout ou hors délai. En temps « normal », le statisticien sait faire face aux non-réponses. Il impute à l’entreprise qui n’a pas répondu les résultats d’une entreprise comparable par sa taille et son activité ou reprend les résultats de l’année précédente.

Mais, pendant le premier confinement, un nombre inhabituellement élevé d’entreprises a cessé de répondre. Or, lorsque trop d’entreprises ne répondent pas et que s’ajoute une situation économique inédite, les méthodes habituelles d’imputation sont inopérantes car il est probable qu’il se trouvait parmi les entreprises non répondantes une proportion plus importante d’entreprises ayant cessé toute activité que parmi les répondantes.

Pour continuer à suivre au plus près la conjoncture, les experts de la Direction des statistiques d’entreprises ont eu recours à de nouvelles sources, comme les consommations d’électricité. Ils ont aussi fait appel à des sources connues, mais utilisées jusqu’alors pour produire d’autres indicateurs ; c’est ainsi que les données de chômage partiel ont permis d’estimer les baisses de production.

À l’occasion des campagnes d’enquêtes menées en mai et juin après la levée du confinement, des réponses tardives relatives à mars et avril ont pu être enregistrées. Les révisions des indices qui en ont résulté sont restées très modérées, ce qui valide après coup les stratégies d’ajustement mises en œuvre durant cette période délicate.

Comment l’Insee a mesuré l’impact de la crise sanitaire sur les entreprises

Huit mois. C’est le temps qui s’est écoulé entre la décision de lancer l’enquête sur l’impact de la crise sanitaire sur l’organisation et l’activité des entreprises et la publication des premiers résultats. Le délai peut sembler long. Pour une enquête de cette envergure, il est en réalité plus que réduit. L’idée d’une telle enquête émerge peu après l’instauration du premier confinement (17 mars 2020). La décision est formellement arrêtée aux premiers jours d’avril avec l’objectif de diffuser les premiers résultats avant la fin de l’année.

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D’emblée, le parti pris est celui de créer un questionnaire simple privilégiant des questions aux réponses rapides et n’exigeant pas la mobilisation de documents comptables. Le 3 juillet, l’enquête obtient du Comité du label de la statistique le label d’intérêt général et le « caractère obligatoire ». Pour cette enquête, 50 000 sociétés implantées sur le territoire français (dont les départements et régions d’outre-mer, y compris Mayotte) seront interrogées. Les équipes de la direction des statistiques d’entreprises anticipaient un taux de retour d’environ 50 %. Ce sera finalement 45 %, soit 20 à 25 points de moins que pour les enquêtes thématiques habituelles. Au-delà des effets de contexte, ce taux de retour tient aussi à la brièveté de la période de collecte : elle s’est déroulée sur six semaines seulement contre 15 semaines en moyenne pour les enquêtes traditionnelles menées auprès des entreprises.

À l’instar des autres étapes, les résultats sont publiés dans un temps plus court qu’habituellement, sous la forme d’un Insee Première paru le 10 décembre 2020. L’impact de la crise sanitaire sur l’organisation et les finances des sociétés françaises est massif. L’application des protocoles sanitaires a engendré des coûts directs et indirects.

70 % des entreprises signalent l’existence de coûts indirects, liés à la distanciation physique (accueil limité de clients, espacement des rendez-vous, réorganisation des salariés dans la chaîne de production, etc.) et à l’exploitation limitée de l’espace (pour les salariés ou les clients). Elles évaluent à 3 % de leur chiffre d’affaires de 2019 le coût direct des achats de masques, de gel hydroalcoolique et autres fournitures nécessaires au respect des gestes barrière.

Outre les informations que l’enquête a permis de recueillir et de valoriser en fin d’année 2020, l’opération est riche d’enseignements pour l’observation du tissu productif national.

 

frise entreprise

848 200 entreprises ont été créés en 2020

En 2020, le nombre total de créations d’entreprises en France atteint un nouveau record avec 848 200 créations, soit 32 900 de plus qu’en 2019, et ce malgré la crise sanitaire.

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Cette hausse est de nouveau portée par les immatriculations d’entreprises individuelles sous le régime du micro-entrepreneur (+ 9 %), tandis que les créations d’entreprises individuelles classiques diminuent (− 13 %) et que les créations de sociétés sont stables. Ainsi, en 2020, la part des micro-entrepreneurs dans le nombre total de créations atteint 65 %, tandis que celle des entreprises individuelles classiques est de 10 % et celle des sociétés de 26 %.

Les hypermarchés toujours n°1 des ventes de produits alimentaires

En 2018, 65 % des produits alimentaires ont été commercialisés par les grandes surfaces d’alimentation générale.

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Depuis 2010, leur part de marché a cependant baissé au profit de la vente à distance. Les produits non alimentaires sont ajoritairement vendus par les magasins spécialisés. Les hypermarchés perdent du terrain sur ce segment, au profit des supermarchés et de la vente à distance. Depuis 2010, les ventes d’habillement des hypermarchés reculent, tandis que le dynamisme des magasins spécialisés ne se dément pas.

3 personnes sur 4 habitent à moins de 2 km d’une boulangerie

Les inégalités d’accès aux services du quotidien et aux commerces de détail ont été au cœur du mouvement des Gilets jaunes. Dans l’édition 2020 de la publication « Les entreprises en France », l’Insee a étudié l’accessibilité des commerces en France métropolitaine.

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Premier constat, une très grande majorité de la population vit à proximité des commerces : trois consommateurs sur quatre résident à moins de 2 kilomètres d’une boulangerie et 65 % des montants dépensés en pharmacie ont lieu dans la commune de résidence. Les consommateurs ne sont pas égaux selon les territoires où ils résident. Un habitant sur trois a ainsi un accès limité à l’offre d’habillement et à l’offre commerciale en matière de loisirs, de culture et de sport. Plus on s’éloigne des pôles, moins les magasins sont accessibles : en périphérie des moyens et petits pôles urbains, un habitant sur trois dispose d’un faible accès à l’ensemble de l’offre commerciale.

POUR EN SAVOIR PLUS

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