Édito

En novembre 2009, la statistique publique, que l’Insee coordonne, entrait dans une nouvelle ère : l’Autorité de la statistique publique, l’ASP, était créée par la loi de modernisation de l’économie. Au cours de ses dix années d’existence, l’ASP aura œuvré au service de l’indépendance professionnelle et de la qualité de la statistique publique. La création de cette institution est opportunément survenue à l’orée d’une période de transformation radicale du marché de l’information. Notre position historique de référence pour la connaissance de l’état des lieux socio-économique de notre pays doit être continuellement réaffirmée face à la propagation d’informations erronées ou détournées. L’accompagnement de l’ASP a sans nul doute contribué à renforcer la crédibilité des statistiques publiques et la confiance du public dans ces statistiques, sans lesquelles notre travail n’aurait pas de portée.

L’Insee est en première ligne pour entretenir et consolider ce « bien commun » qu’est le service statistique public. Nous veillons à la pertinence des sujets traités au regard de l’actualité et des attentes de nos concitoyens, nous renforçons aussi notre communication pour permettre au plus grand nombre de s’approprier nos productions.

Certaines des innovations de l’Insee n’ont pas la visibilité qu’elles méritent. Ainsi, en 2019, pour mieux décrire le tissu productif, les statistiques structurelles d’entreprises ont été publiées complètement pour la première fois selon la définition économique de l’entreprise. La diffusion de données statistiques à l’échelle de carreaux couvrant la totalité du territoire français a été mise à jour et enrichie, et les informations peuvent désormais être visualisées directement sur des cartes.

Être pertinent c’est aussi avoir un agenda de publication en phase avec le débat et donc réduire nos délais de publication. L’estimation trimestrielle des comptes d’agents (pouvoir d’achat des ménages, taux de marge des entreprises, déficit public…) est ainsi désormais disponible à 60 jours après la fin du trimestre, au lieu de à 85 jours auparavant.

L’innovation se déploie dans beaucoup de domaine, la crise sanitaire en portera témoignage dans le rapport d’activité 2020. Mais dès 2019, j’en veux pour preuve nos travaux en vue de l’utilisation des données de caisse afin de remplacer une partie des relevés de prix effectués par les enquêteurs pour le calcul de l’indice des prix à la consommation. Par ailleurs, l’exploitation des données massives collectées par les opérateurs de téléphonie mobile a franchi une nouvelle étape avec l’obtention d’un financement de l’Agence nationale de la recherche du projet MobiTIC. Nous avons fait aussi un grand pas en avant vers la nouvelle refonte de l’enquête Emploi avec l’introduction d’Internet comme mode de réponse supplémentaire en ré-interrogation.

La modernisation de notre communication s’est accélérée avec l’accroissement de notre présence sur les réseaux sociaux, le recours plus fréquent à des vidéos ou la conclusion de partenariats avec des médias spécialisés dans la vulgarisation de l’information socio-économique.

En région, notre conseil-expertise a été particulièrement réactif à l’actualité, répondant dans des délais souvent très courts aux besoins exprimés par les acteurs publics régionaux en matière d’appui à la conduite des politiques publiques.

Les élections européennes de mai ont été les premières à utiliser les listes électorales issues du répertoire électoral unique, ce nouveau registre mis en production par l’Insee au 1er janvier 2019 et dont il a désormais la responsabilité. Nos équipes ont été fortement sollicitées à l’approche du scrutin pour traiter la relation aux usagers, communes et citoyens.

L’Insee ne manque pas de chantiers de modernisation ni de nouvelles occasions d’éclairer le débat public. Nous relevons régulièrement de nouveaux défis dans l’ensemble de nos activités. Ce rapport, qui a été finalisé dans les conditions de travail à distance imposé par le confinement généralisé mis en place pour lutter contre la propagation de l’épidémie de Covid-19 grâce à une mobilisation remarquable de toutes celles et ceux qui y ont contribué, en témoigne.

Jean-Luc TAVERNIER

Directeur général de l’Insee

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