Interview : Delphine Vessillier

Delphine VESSILLIER
Chef du service enquêtes et études statistiques, FFB – Fédération française du bâtiment

Quel est selon vous le principal atout apporté par cette nouvelle vision des entreprises ?

Jusqu’à présent, nous disposions essentiellement des statistiques d’unités légales issues du répertoire SIRENE, ainsi que des informations contenues dans les rapports d’activité des grands groupes.
Nous étions en déficit d’informations sur la composition, et même l’existence, des « petits groupes » et sur la répartition par branche des grands groupes.
Cette nouvelle définition de l’unité économique nous permet donc d’être plus proche de la réalité économique par branche et de mieux mesurer le poids des entreprises de taille intermédiaire, jusqu’alors sous-estimé au profit des TPE et PME.
Bien sûr, cette nouvelle approche implique un bouleversement dans notre façon d’appréhender des statistiques que nous connaissions bien. Le groupe de travail du Cnis sur la diffusion des statistiques structurelles d’entreprises nous a donné la chance d’être accompagnés dans ce changement, mais aussi de collaborer à l’élaboration d’outils pédagogiques pour tous les autres utilisateurs.

 

Quel est son impact pour le secteur du Bâtiment ?

Comme dans les autres secteurs d’activité, les entreprises de Bâtiment ont connu de gros changements organisationnels au cours des trois dernières décennies. Nous avions du mal à quantifier le phénomène.
Après une première analyse des résultats on peut constater que le secteur du Bâtiment reste très dispersé puisque plus de 95 % des entreprises ne comprennent qu’une unité légale. En revanche, le poids du bâtiment en terme du nombre d’entreprises par rapport à l’ensemble des secteurs augmente légèrement (en 2016, 11,2 % contre 10,9 % avec l’ancienne approche).
L’étude en fonction de la catégorie d’entreprise montre une déformation de structure au profit des ETI et des Grandes Entreprises pour les principaux agrégats (effectifs, CA, VA…). Cette déformation est particulièrement nette pour l’activité de la construction de bâtiments résidentiels et non résidentiels.
Évidemment, cette nouvelle approche implique une rupture de séries mais nous espérons qu’une stabilité de méthode dans les prochaines années nous permettra de reconstituer des séries temporelles avec l’année 2016 comme point de départ.
La comparabilité au niveau européen est également un élément important il serait donc important d’avoir au plus vite une harmonisation méthodologique.

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