Interview : Gallo Gueye

Gallo GUEYE
Directeur général adjoint à l’Office européen des statistiques (Eurostat)

Quelles conséquences les deux nouveaux règlements européens sur les statistiques d’entreprise (FRIBS) et sociales (IESS) vont-ils avoir sur la production des statistiques ?

Les nouvelles bases légales sur les statistiques sociales et d’entreprises sont ambitieuses. Elles représentent une nouvelle manière de légiférer sur la statistique au niveau européen, en couvrant plus de domaines statistiques et en conférant les décisions à prendre aux niveaux appropriés. Les décisions de nature politique (quels sont les besoins en matière statistique) appartiennent aux co-législateurs (Parlement et Conseil), les mesures de mise en œuvre (comment quantifier ces besoins) revenant aux statisticiens. Elles sont intégratives, régulant un ensemble cohérent de domaines statistiques traités en silo dans le passé, afin de mieux appréhender des phénomènes socio-économiques de plus en plus complexes. Leur couverture élargie permettra aux États membres de bénéficier d’effets de synergies.
Pour les statistiques sociales, les prescriptions concernant la précision requise sont unifiées et les rapports de qualité sont alignés sur un modèle unique. Pour les statistiques d’entreprises, la flexibilité se traduit par trois thèmes dynamiques : l’utilisation des TIC et le commerce électronique, l’innovation, et les chaînes de valeur, dont les variables clés seront choisies au moment de chaque collecte.

 

Quel a été l’apport de l’Insee dans la mise en œuvre de cette législation ?

L’Insee a joué un rôle particulièrement constructif durant les discussions. Les représentants de l’Insee, dans les différents groupes, ont promu l’utilisation de nouvelles techniques, comme l’estimation sur petits domaines, l’utilisation conjointe de données administratives et de données d’enquête, ont soutenu l’échange pilote de micro données dans le domaine des statistiques du commerce extérieur et aidé à sensibiliser à l’importance de mieux couvrir les services dans les statistiques. Ils ont fortement soutenu la nécessité d’une étroite coopération internationale et l’importance de poursuivre les efforts d’harmonisation indispensables pour assurer la comparabilité des données entre les États membres.
Le rôle de l’Insee fut aussi déterminant concernant l’adhésion à des délais ambitieux de transmission des données et la nécessité de maintenir un minimum de flexibilité, qui demanderont aux INS des efforts dans le futur, mais qui étaient souhaitables pour répondre durablement aux besoins des utilisateurs.

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