Piloter et exploiter le recensement de la population

Le recensement de la population vivant en France fait partie des activités historiques de l’Insee, qui organise et contrôle les enquêtes, exploite les données et diffuse les résultats. Les communes réalisent quant à elles l’enquête sur le terrain. Les ménages utilisent toujours plus la possibilité, qui leur est offerte depuis 2015, de répondre par internet. En 2019, ce sont ainsi 52 % des ménages et 60 % des personnes recensées qui ont répondu par voie électronique.

Grâce à toutes les réponses, l’institut fournit des statistiques sur les habitants, les familles et leurs logements, en nombre comme en caractéristiques : répartition par sexe, âge, nationalité, professions, conditions de logement, déplacements domicile-travail, transports utilisés pour ces déplacements, etc., des informations fondamentales pour de nombreux acteurs publics et privés.

Suite à l’évolution en 2018 du questionnaire pour mieux comprendre les liens de parenté et l’évolution des familles, l’Insee livre en 2019 une estimation du nombre de couples de même sexe cohabitants.

Parmi les autres éclairages marquants de l’année 2019 : les résultats du recensement exhaustif de la population de 2017 à Mayotte et le constat qu’en 2016, 400 000 enfants mineurs de parents divorcés ou séparés vivent en résidence alternée.

À Mayotte, près d’un habitant sur deux est de nationalité étrangère

Le recensement de la population mahoraise a eu lieu du 5 septembre au 2 octobre 2017, sous la forme d’un recensement exhaustif dans toutes les communes de l’île. Toute la population résidant à Mayotte en logement ordinaire, en communauté ou sans abri, quelle que soit la situation administrative et la nationalité des personnes, a été prise en compte, selon les mêmes définitions qu’en métropole et dans les autres DOM .

Fort de cette enquête, l’Insee constate qu’en 2017, 256 500 personnes vivent à Mayotte. Depuis 2012, la croissance de la population est particulièrement dynamique et s’est renforcée (+ 3,8 % par an en moyenne après + 2,7 % sur la période 2007-2012). Elle est principalement portée par un fort excédent des naissances sur les décès (+ 7 700 personnes par an en moyenne). Avec 5,0 enfants par femme à Mayotte, la fécondité augmente et dépasse toujours largement la moyenne métropolitaine (1,9 enfant par femme).

L’excédent migratoire, redevenu positif, contribue également à l’augmentation de la population (+ 1 100 personnes par an entre 2012 et 2017). D’un côté, de nombreux adultes et leurs enfants arrivent des Comores. De l’autre, de nombreux jeunes de 15 à 24 ans, natifs de Mayotte, partent vers le reste de la France, essentiellement en métropole.

Du fait de ces flux importants, et en augmentation, la population de nationalité étrangère progresse fortement : près de la moitié de la population de Mayotte ne possède pas la nationalité française, mais un tiers des étrangers sont nés à Mayotte. Dans les communes du Nord-Est de Mayotte autour de Mamoudzou, la croissance démographique est particulièrement élevée. La population de Mayotte reste jeune : la moitié des habitants ont moins de 18 ans.

Le confort global des logements a moins progressé qu’entre 2007 et 2012 : quatre ménages sur dix vivent encore à Mayotte dans un logement en tôle ou en végétal, et trois sur dix n’ont pas l’eau courante.

En 2018, 4 millions d’enfants mineurs vivent avec un seul de leurs parents au domicile

En 2018, l’Insee a fait évoluer le questionnaire de l’enquête du recensement pour mieux caractériser les liens entre les personnes résidant dans le même logement. Cela s’inscrit dans l’ambition de mieux rendre compte des mutations de la famille.

Dès janvier 2019, ces nouvelles informations ont permis de corroborer et compléter l’information issue des fichiers fiscaux sur la résidence alternée des enfants de parents séparés. En effet, d’après les déclarations fiscales de leurs parents, 400 000 enfants mineurs vivent en résidence alternée en 2016. Ils résident la moitié du temps chez chacun d’entre eux, le plus souvent une semaine sur deux. L’effectif est cohérent avec celui mesuré dans l’enquête annuelle de recensement de 2018, ce qui a permis d’établir que 11 % des enfants mineurs vivant avec un seul de leurs parents partagent leur temps à parts égales entre les logements de leurs deux parents, pourcentage impossible à établir avec les données fiscales.

En janvier 2020, l’Insee a publié un ensemble d’études nationale et régionales sur les types de famille, s’appuyant sur les nouveautés introduites dans le questionnaire de 2018. Elles permettent en effet de distinguer, au sein des couples avec enfants, les familles recomposées, dans lesquelles, par définition, au moins un enfant n’est pas issu du couple, et les familles « traditionnelles », dans lesquelles tous les enfants résidant habituellement dans le logement sont ceux du couple. Ainsi en France, en 2018, 68 % des enfants mineurs vivent dans une famille « traditionnelle », 21 % vivent dans une famille monoparentale, et 11 % vivent dans une famille recomposée : 7 % avec un parent et un beau-parent et 4% avec leurs deux parents (ce sont les enfants du nouveau couple). Au total, 28 % des enfants, soit 4 millions, résident donc avec un seul de leurs parents. Dans les familles recomposées, les enfants vivent moins souvent avec deux adultes en emploi (58%) que dans les familles « traditionnelles » (68%). Les enfants des familles recomposées sont moins présents dans les grands centres urbains, où à l’inverse la proportion d’enfants en famille monoparentale est forte. La part des enfants vivant en famille recomposée varie de 7 % en Martinique et dans les Hauts-de-Seine à 17 % en Guyane. Les enfants des familles « traditionnelles » vivent plus souvent à l’Ouest et à l’Est de la France, alors que ceux des familles monoparentales sont très présents dans le pourtour méditerranéen et les départements d’Outre-mer.

Une estimation du nombre de couples de même sexe

L’Insee livre en 2019 une nouvelle estimation du nombre de couples de même sexe cohabitants. En 2018, 266 000 personnes vivent avec un partenaire de même sexe, soit 0,9 % des personnes en couple cohabitant. La part de ces couples a augmenté : elle était de 0,6 % en 2011, comme le montre la comparaison avec l’enquête Famille et Logements. L’augmentation est surtout sensible chez les moins de 35 ans, aujourd’hui deux fois plus fréquemment en couple avec un partenaire de même sexe qu’en 2011.

60 % des couples de même sexe cohabitants ont contractualisé leur union par un mariage ou un pacte civil de solidarité. 14 % vivent avec des enfants dans leur logement. Il s’agit pour l’essentiel des couples de femmes. Environ 31 000 enfants vivent ainsi avec un couple de même sexe, dont 26 000 mineurs. Quel que soit l’âge des partenaires, la présence d’enfants dans le logement de couples de même sexe est moins fréquente que pour les couples de sexe différent.

Entre 35 et 44 ans, 90 % des femmes en couple avec un homme vivent avec des enfants. Aux mêmes âges, cette situation est moitié moins fréquente pour les couples de femmes.

Les couples de même sexe vivent davantage que les autres dans les communes les plus peuplées. Dans les communes de moins de 5 000 habitants, 0,6 % des femmes et 0,6 % des hommes en couple cohabitant vivent avec un partenaire de même sexe, contre respectivement 1,5 % et 2,1 % dans les communes de plus de 200 000 habitants (hors Paris) et 2,0 % et 5,3 % à Paris (intra-muros). Les personnes vivant en couple avec un partenaire de même sexe sont plus diplômées que celles vivant avec un partenaire de sexe différent. Elles appartiennent également à des catégories sociales plus favorisées.

À lire aussi dans la version intégrale du rapport d’activité 2019 :

  • Pour mieux comprendre l’impact socio-économique des ruptures familiales
  • Toujours plus de succès pour la réponse en ligne
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